An Lambert est une des nouvelles voyageuses que nous irons rencontrer. Assistante junior pour la Coopération Technique Belge, elle est depuis début octobre dans le sud du Maroc où elle travaille dans un projet de développement de la filière du safran dans la région de Souss-Massa-Drâa.
« Je suis ici dans le Sud Maroc pour participer à des études scientifiques qui devraient permettre de valoriser davantage la culture du safran. La récolte des fleurs de safran se déroule de la fin d’octobre à la mi-novembre. J’étais en charge du prélèvement des échantillons chez les producteurs pendant la récolte dans les villages autour de Taliouine et Taznakht. Les producteurs que nous avons visités sont très accueillants. Même si l’on peut voir clairement qu’ils n’ont pas beaucoup de moyens pour vivre, ils nous offrent le thé, des dattes et des amandes. Et souvent il y a aussi le pain avec le miel et l’huile d’olive. Ou même une tajine.
La présence d’eau et l’irrigation sont des éléments clé pour l’agriculture dans la région. Les gens habitent des endroits éloignés parce que ce sont les endroits où on cultive
le safran et d’autres plantes condimentaires. Dès qu’il y a un peu d’eau (dans un ruisseau ou
grâce à un puits), ils construisent des parcelles avec des pierres. L’avantage du safran est que c’est une culture qui ne demande pas beaucoup d’eau. Les méthodes d’agriculture sont incomparables avec celles qui existent en Belgique. Les parcelles sont très petites et l’utilisation des ânes pour le labourage des champs est omniprésent.
La cueillette du safran est effectuée par les femmes. Elles commencent le matin dès qu’il y a de la lumière. Après la cueillette les fleurs sont emmenées au village. Là on fait l’émondage. Ça veut dire qu’on enlève les pistils de la fleur parce que ce sont les pistils qui contiennent les molécules qui donnent la couleur et le gout particulier du safran. Les pistils sont souvent séchés à l’intérieur sur une table. »
La culture du safran demande énormément de main d’œuvre : l’enlèvement des pierres, le tri des cormes, la plantation des cormes, la cueillette des fleurs, l’émondage des pistils, le séchage sur des draps à la maison. Je ne suis pas certaine que cela soit correctement valorisé au moment de la vente.
Le contact avec les cultivateurs est difficile parce qu’ils ne parlent pas le français. Je dépends de mes collègues marocains pour traduire mes questions et leurs réponses. Les collègues parlent l’arabe et les agriculteurs dans les montagnes parlent le Tamazight. Apprendre les deux langues me semble impossible. Il faut que je prenne une décision assez vite »