Elba revient du Guatemala où elle a coordonné le séjour d’un groupe de volontaires de l’ONG Quinoa. L’objectif du projet était de découvrir, partager et mieux comprendre les défis et enjeux des communautés indigènes du Guatemala.
Outre le partage du quotidien des familles d’accueil, les volontaires ont pu participer à différentes activités à destination des communautés indigènes et ainsi mieux comprendre les enjeux de ces communautés et leurs capacités d’auto détermination.

Le groupe est arrivé à Santo Domingo de Xenacoj le lundi 20 juillet
Après le repas d’accueil nous avons été repartis dans des familles d’accueil. Les volontaires ont pu partager le quotidien des familles et assister à deux ateliers : l’un sur la situation politique actuelle, l’autre plus pratique sur l’élaboration d’un désinfectant naturel vendu par les femmes de la communauté indigène.
Nous avons ensuite poursuivi notre route pour rencontrer d’autres communautés Q’eqchi plus au nord près d’Alta Verapaz. Les collines y sont recouvertes de cultures intensives de café, de cardamome et de maïs aux mains des multinationales. Les communautés indigènes cultivent à plus petite échelle du frijol, des arbres fruitiers (citrons, bananes, avocats…) et du piment.
Les maisons ne disposent ni d’électricité ni de l’eau courante et les repas étaient plus rudimentaires qu’à Santo Domingo de Xenacoj.
Par ailleurs, les gens ne parlaient pas l’espagnol, ce qui rendait la communication assez difficile. Cela ne nous a néanmoins pas empêché de participer aux activités quotidiennes de la communauté.
Nous sommes ensuite partis pour le village de Sabiha qui est fort éloigné et d’un accès particulièrement difficile. Malgré l’isolement de la communauté, nous avons eu le sentiment d’une grande ouverture à notre égard. Nous avons logé ensemble chez une femme du village. Nous avons pu nous rendre compte de l’impact des barrages hydroélectriques de la région sur les ressources en eau des populations locales. Celles-ci ont été privées de l’accès à l’eau du fleuve qui constituait la base de l’économie locale.
Nous avons rencontré une association qui travaille depuis dix ans au renforcement de la souveraineté alimentaire des populations indigènes, notamment en produisant des semences traditionnelles. L’association dispose d’un centre de formation à la culture bio des espèces locales et commercialise des produits cosmétiques traditionnels produits par les femmes.
D’autres communautés situées dans la région du Sacatepéquez, entre Guatemala Ciudad et Antigua, sont, elles, privées de leurs terres. En effet les terres sont accaparées par les sociétés multinationales et les paysans doivent faire parfois plusieurs kilomètres pour se rendre sur leurs parcelles. D’autres n’ont simplement plus de terre et travaillent, entre autres, dans des maquiladoras. Beaucoup sont cependant aujourd’hui sans emplois.
Dans les communautés, les familles se lèvent vers 4h du matin. Ce sont les femmes adultes qui seront les premières à se lever pour allumer le feu, préparer le petit déjeuner et réchauffer l’eau pour se laver. Après le petit déjeuner, les hommes partent tôt soit pour aller chercher du bois soit pour travailler au champ aux heures les plus fraîches de la journée.
Les femmes adultes restent au sein du foyer pour s’occuper des tâches domestiques de la famille. Elles préparent le repas, égrainent le café, préparent la pâte à tortillas, s’occupent des enfants en bas âge, lavent le linge… Mais il n’est pas rare de voir des femmes se rendre aux champs ou à la ville pour vendre des produits agricoles. Le soir, la famille se retrouve autour du repas autour du feu de la cuisine avant d’aller se coucher vers 21h.
Remarquons que tous les enfants ne sont pas scolarisés et que le système scolaire se base sur des demi-journées. Les enfants aident beaucoup dans la réalisation des tâches ménagères, et on sent déjà la distinction des rôles : les filles aident les mères dans la cuisine et l’éducation des enfants.
Les familles qui nous ont accueillis sont également très impliquées au niveau communautaire. Il n’était pas rare que l’un ou l’autre membre de la famille se rende à des réunions le soir ou pendant le week-end.
Plus d’infos sur les projets internationaux de Quinoa : quinoa.be